À l’occasion du 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, le gouvernement haïtien a rendu hommage, le samedi 17 octobre 2026, au Père fondateur de la nation. Alors que les autorités nationales ont organisé une cérémonie officielle à Port-au-Prince, la commémoration au Cap-Haïtien s’est déroulée dans une cathédrale presque vide, révélant un contraste saisissant entre les deux villes.
Par StandardMania | Port-au-Prince, 18 octobre 2026 –
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné des membres du gouvernement, a commémoré, le samedi 17 octobre 2026, le 220e anniversaire de l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, figure emblématique de l’indépendance d’Haïti et Père fondateur de la nation.
La cérémonie officielle s’est déroulée en deux temps. Dans un premier temps, le chef du gouvernement a déposé une gerbe de fleurs au Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), en hommage à celui qui a consacré sa vie à la conquête de la liberté et de la souveraineté nationales.
La cérémonie s’est poursuivie au Palais national, où le Premier ministre et les membres du gouvernement ont rejoint le secrétaire général de la Présidence, le secrétaire général du Conseil des ministres, le commandant en chef des Forces armées d’Haïti ainsi que le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), afin de poursuivre cet hommage à la mémoire de l’Empereur.
Alix Didier Fils-Aimé appelle à poursuivre le combat pour la souveraineté
Dans son discours de circonstance, le Premier ministre a rappelé que si Dessalines est mort, son rêve de dignité et de liberté pour la nation haïtienne demeure vivant. Deux cent vingt ans après son assassinat, a-t-il souligné, cet idéal continue de chercher sa voie dans une Haïti confrontée à de profondes difficultés.
Pour le chef du gouvernement, honorer véritablement la mémoire de l’Empereur ne saurait se limiter à des cérémonies commémoratives. Il s’agit plutôt de poursuivre le combat pour la souveraineté nationale, dans un contexte où l’insécurité constitue l’un des principaux défis du pays.
Dans cette perspective, Alix Didier Fils-Aimé a affirmé que le programme P4000 poursuit son déploiement. Il a également annoncé que l’État avait déjà formé plus de 1 500 soldats, dans le cadre des efforts visant à permettre à Haïti d’assumer davantage la responsabilité de sa propre sécurité.
Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal à compter du 1er janvier prochain. Cette annonce intervient alors que le pays fait face à des défis majeurs en matière de sécurité, de gouvernance et de fonctionnement de ses institutions.
En conclusion, le Premier ministre a lancé un appel à l’unité nationale, invitant les différents secteurs de la société à conjuguer leurs efforts pour aider le pays à sortir de la crise. Haïti, a-t-il insisté, n’est pas destinée à demeurer indéfiniment dans une situation de crise.
Au Cap-Haïtien, une commémoration marquée par une faible participation
À l’opposé de la mobilisation officielle observée dans la capitale, la commémoration du 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines au Cap-Haïtien s’est déroulée dans une atmosphère particulièrement discrète.
La traditionnelle messe de Te Deum, célébrée à la cathédrale Notre-Dame du Cap-Haïtien, a réuni une dizaine de personnes environ, selon les informations rapportées. En dehors du délégué départemental, Marc Présumé, et des membres de la commission municipale, la participation est restée extrêmement limitée.
Ni les élèves ni les directeurs départementaux n’étaient présents. Aucun invité spécial n’a été signalé, tandis que le grand public capois a également brillé par son absence.
Cette faible mobilisation soulève des interrogations sur la place accordée à la mémoire historique et aux grandes dates nationales dans la deuxième ville du pays.
Des observateurs avancent que cette situation pourrait être liée à la non-célébration, le 8 octobre dernier, de la naissance de Jean-Jacques Dessalines. Cette date, habituellement marquée par un jour chômé, n’aurait pas fait l’objet d’un communiqué du délégué départemental, Marc Présumé, déclarant officiellement le congé. Cette explication reste toutefois à confirmer.
Deux villes, deux réalités commémoratives
Le contraste entre Port-au-Prince et le Cap-Haïtien est frappant. Dans la capitale, les plus hautes autorités de l’État se sont réunies pour honorer la mémoire du fondateur de la nation, tandis qu’au Cap-Haïtien, la cérémonie religieuse traditionnelle s’est tenue devant une assistance particulièrement réduite.
Cette différence de mobilisation pose la question de la sensibilisation citoyenne, de l’organisation des activités commémoratives et de la responsabilité des autorités locales dans la transmission de l’héritage historique aux jeunes générations.
Au-delà des cérémonies officielles, le 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines rappelle l’importance de préserver les idéaux de liberté, de dignité et de souveraineté qui ont fondé la République d’Haïti.
Si le gouvernement affirme vouloir s’inspirer de cet héritage pour renforcer la sécurité et l’unité nationale, la faible participation observée au Cap-Haïtien souligne la nécessité de redonner aux commémorations historiques leur portée civique et patriotique.
À Port-au-Prince, Dessalines a été honoré au plus haut niveau de l’État. Au Cap-Haïtien, son souvenir semble avoir mobilisé bien peu de monde. Un contraste qui interpelle sur la manière dont Haïti entretient la mémoire de ses fondateurs, au moment même où le pays cherche encore la voie de la stabilité et du renouveau national.
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