Cap-Haïtien : la DINEPA accusée de transformer les routes nationales en chantiers chaotiques


Par StandardMania | Cap-Haïtien, 4 avril 2026 —
 

La dégradation accélérée des routes dans la deuxième ville du pays suscite une vive indignation. Au cœur des critiques : les interventions répétées de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), accusée de détruire l’asphalte sans offrir de résultats concrets en retour.

Depuis plusieurs mois, les artères principales du Cap-Haïtien sont éventrées. Des tranchées creusées à même la chaussée, des portions entières d’asphalte arrachées et laissées à l’abandon : le décor urbain s’apparente désormais à un chantier permanent, sans signalisation adéquate ni échéancier visible. Résultat : circulation paralysée, véhicules endommagés et multiplication des accidents.

Face à cette situation, le Président de la Fédération des Barreaux d’Haïti, Me Ronel Telsyde, n’a pas mâché ses mots. Il pointe du doigt une gestion qu’il juge chaotique et irresponsable. « Quand j’étais petit, il y avait une autre instance qui était là pour arranger les routes. Mais, aujourd’hui, ce sont des vagabonds qui dirigent le MTPTC dans le Nord », a-t-il déclaré, dénonçant une perte flagrante de gouvernance dans la gestion des infrastructures publiques.


L’homme de loi va plus loin en mettant en cause directement les activités de la DINEPA : « Il y a une autre instance qui creuse des trous dans les rues sous prétexte qu’elle fait des préparations pour distribuer de l’eau, pourtant c’est mentir. »

Dans un ton encore plus ferme, il ajoute :

« Puisqu’il n’y a pas d’autorités, pas de maires dans la ville, mais quand il y avait des autorités, et si j’étais autorité, mwen te fin arete yo deja. »

Ces déclarations traduisent un malaise profond face à ce que beaucoup d’habitants perçoivent comme une absence totale de coordination entre les institutions publiques. D’un côté, la promesse d’un accès à l’eau potable ; de l’autre, des routes détruites et aucune amélioration tangible du service.

Sur le terrain, la frustration est palpable. Les riverains dénoncent des travaux interminables et inefficaces. Les tuyaux censés améliorer la distribution d’eau semblent n’apporter aucun changement concret, tandis que les routes, autrefois asphaltées, sont désormais réduites à de simples pistes de terre battue.

Le silence des responsables de la DINEPA ne fait qu’alimenter les soupçons et renforcer le sentiment d’abandon. Aucune communication officielle claire n’a été faite sur l’état d’avancement des travaux ni sur leur finalité réelle.

Dans une ville stratégique comme Cap-Haïtien, pôle touristique et économique majeur, cette situation soulève une question essentielle : comment prétendre au développement lorsque les infrastructures de base sont ainsi sacrifiées, sans transparence ni reddition de comptes ?

En l’absence de réponses concrètes, la population, elle, continue de payer le prix fort d’une gestion décriée, entre promesses non tenues et routes transformées en pièges quotidiens.

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