Cap-Haïtien, 15 mai 2026 –
L’ancien directeur général du ministère de la la Culture et de la Communication (MCC), Jean Garry Denis, est sorti de son silence afin d’apporter des précisions sur les raisons de sa démission, qualifiée de « controversée » dans plusieurs cercles politiques et culturels.
Dans une longue réflexion publique datée du 10 mai 2026, l’ex-responsable du MCC affirme avoir été surpris par l’ampleur des réactions suscitées par son départ. Selon lui, une démission devrait constituer un acte banal dans une administration publique normale, mais elle prend en Haïti une dimension particulière en raison des pratiques qui gangrènent les institutions de l’État.
« En Haïti, la fonction publique devient un espace de prédation et d’enrichissement illicite où l’impunité et la corruption s’érigent en système », a déclaré Jean Garry Denis.
L’ancien directeur général soutient que sa décision n’est liée à aucune ambition politique personnelle. « Ma démission ne chercherait aucunement à soutirer un quelconque capital politique », écrit-il, évoquant plutôt « le cri d’un intellectuel et d’un militant patriote empêché de traduire sa volonté manifeste en action ».
Dans son texte, il revient largement sur plusieurs initiatives qu’il affirme avoir engagées durant son passage au ministère, notamment autour de la valorisation du patrimoine historique et culturel haïtien.
Parmi les dossiers mis en avant figure celui de Bois Caïman, que Jean Garry Denis considère comme « la Mecque de la Liberté ». Il déplore l’occupation illégale du site et l’absence de véritables projets d’aménagement malgré son importance historique.
« Aucun projet d’aménagement n’est jamais réalisé sur le site malgré une étude intéressante du cabinet JB Millet », regrette-t-il.
L’ancien responsable évoque également les démarches entreprises avec la DGI pour l’arpentage du site, les consultations publiques avec les riverains ainsi que l’organisation de la commémoration des 234 ans de Bois Caïman en août 2025.
Jean Garry Denis s’est aussi attardé sur la question de la sécurisation du patrimoine national après le drame survenu à Citadelle Laferrière. Il critique ce qu’il qualifie de « show médiatique » autour de cette tragédie et affirme qu’aucune mesure concrète n’a encore été prise pour protéger le Parc national historique Citadelle, Sans-Souci et Ramiers, classé patrimoine universel par l’UNESCO.
« Malgré ce show médiatique pour renforcer la politique bouc-émissaire sur le drame de la Citadelle, aucune mesure concrète n’est prise pour sécuriser le Parc national historique », a-t-il soutenu.
Dans son bilan, l’ex-directeur général cite également plusieurs projets culturels qu’il dit avoir défendus, dont un festival des trois mondes autour des héritages africain, européen et taïno, un festival latino-américain à Jacmel, un projet de diplomatie culturelle avec le ministère des Affaires étrangères, ainsi qu’un programme de sauvegarde de cent chansons traditionnelles haïtiennes.
Il souligne également l’importance des activités culturelles organisées en dehors de Port-au-Prince et critique « une clique oligarchique puissante » qu’il accuse de mépriser systématiquement les pratiques culturelles populaires des provinces et des lakou traditionnels.
L’ancien haut fonctionnaire a enfin salué la visibilité internationale obtenue récemment grâce à la victoire de la jeune haïtienne Ariana Lafond dans un concours international, estimant que cette réussite a davantage contribué au rayonnement du pays que certaines dépenses diplomatiques officielles.
Jean Garry Denis promet par ailleurs de présenter ultérieurement un bilan exhaustif de son passage au MCC.
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