Par Donald Métellus | StandardMania, 12 janvier 2026 –
Chaque 12 janvier réveille la douleur brute d’un pays qui n’a jamais vraiment relevé la tête depuis 2010. Seize ans plus tard, Haïti demeure figée dans les ruines, non plus celles de béton et d’acier, mais celles, plus profondes encore, de l’insécurité, de la misère et de la gouvernance en lambeaux. Le séisme est terminé, mais sa réplique politique, sociale et économique n’a jamais cessé.
Depuis ce jour fatidique, les gouvernements défilent, les promesses s’empilent, les plans de reconstruction dorment encore dans les tiroirs, bien rangés sous la poussière de l’indifférence. Les engagements de la communauté internationale, eux, se sont évaporés au fil des conférences, comme un chèque sans provision. Résultat : Haïti s’enfonce, année après année, avec la précision d’une catastrophe annoncée.
Aujourd’hui, les Haïtiens continuent de mourir, non plus sous les dalles effondrées, mais sous le poids combiné de la corruption, de la violence et d’un État en décomposition. Le tremblement de terre est désormais permanent : il secoue les rues avec les rafales des fusils automatiques, il secoue les familles avec la faim qui s’installe, et il secoue l’âme d’un peuple qui n’a plus l’énergie de compter ses morts.
À l’approche du 7 février, une date devenue synonyme de tension et d’incertitude, le pays semble menacé par un « séisme politique » d’une magnitude 9.9. Le risque n’est plus naturel : il est institutionnel, il est humain, il est le fruit d’années de renoncement collectif. Haïti vit sur une faille qu’aucun dirigeant, en seize ans, n’a vraiment tenté de stabiliser.
Le 12 janvier devrait être un moment de méditation nationale. Une journée où partis politiques, organisations de la société civile, syndicats et simples citoyens se réuniraient pour réfléchir à la seule question qui vaille : comment éviter une nouvelle catastrophe ? Pas une catastrophe géologique, mais celle, bien plus grave, qui voit un pays mourir lentement, faute de vision, de courage et de volonté.
Seize ans se sont écoulés. Seize ans où la mémoire collective porte le fardeau de la négligence et du refus d’apprendre. Seize ans à constater que, malgré les discours et les commémorations, Haïti n’a pas changé, sinon de gouvernement.
La vraie secousse, celle qui pourrait tout renverser, n’est peut-être pas encore survenue. Et c’est bien cela, le drame.
Donald Métellus
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