Port-au-Prince, 29 janvier 2026 —
Le Conseil présidentiel de transition (CPT) traverse une nouvelle zone de turbulence politique. Dans une correspondance officielle adressée à ses collègues Conseillers-Présidents Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, le Conseiller-Président Smith Augustin annonce sa rupture avec la démarche visant à destituer le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, et sa décision de se retirer de tout processus décisionnel similaire jusqu’à la fin du mandat, prévue le 7 février 2026.
À l’origine de la crise : la tentative de renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, issue des discussions du dialogue politique engagé le 18 janvier 2026. Smith Augustin reconnaît avoir initialement soutenu cette initiative, estimant qu’elle relevait des prérogatives présidentielles et qu’elle pouvait faciliter la transition institutionnelle après le 7 février. Mais il constate que cette décision a profondément divisé le CPT et aggravé la crise politique, tout en provoquant des tensions diplomatiques, notamment avec les États-Unis, qui ont exprimé un soutien inhabituel au chef du gouvernement.
Face à cette situation, le Conseiller-Président dit avoir privilégié la voie du dialogue, sans succès. Il s’oppose désormais frontalement à la stratégie consistant à destituer Laurent Saint-Cyr de sa fonction de coordonnateur afin de désigner un remplaçant chargé de transmettre au journal officiel la résolution de renvoi du Premier ministre. Il juge cette procédure juridiquement fragile, rappelant qu’une résolution non publiée ne peut, selon lui, abroger une résolution antérieure dûment publiée, notamment celle relative à la présidence tournante du CPT.
Plus grave encore, Smith Augustin met en garde contre une « spirale institutionnelle incontrôlable » : révocations en chaîne, blocages administratifs, conflit avec les Presses nationales et déstabilisation de l’appareil d’État, à quelques jours seulement de la fin de la mission du CPT.
Dans un ton à la fois ferme et solennel, il appelle à la retenue, à la rigueur institutionnelle et au sens de l’État. Il annonce officiellement qu’il s’abstiendra, jusqu’au 7 février 2026, de participer à tout processus décisionnel qu’il considérerait comme une escalade institutionnelle plutôt qu’une recherche consensuelle de sortie de crise.
Cette prise de position isole politiquement Smith Augustin au sein du CPT et révèle l’ampleur des fractures internes à l’organe de transition. À quelques jours de la fin du mandat, le Conseil apparaît plus que jamais divisé, affaibli et confronté à une crise de gouvernance qui questionne sa capacité à assurer une transition stable et crédible.
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