Cap-Haïtien : Valéry Fils-Aimé mise sur une réponse environnementale globale pour apaiser la crise


Par Hugues Michel | Cap-Haïtien, le 30 avril 2026 –

Cap-Haïtien demeure sous tension malgré la présence d’une délégation ministérielle dépêchée en urgence dans la deuxième ville du pays. Alors que le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, a tenté de rassurer lors d’une conférence de presse, une partie de la population continue de manifester son mécontentement, refusant pour l’heure d’obtempérer aux appels au calme. De son côté, le ministère des Travaux publics, Transports et Communications est perçu comme en retrait, suscitant des critiques sur l’absence de réponses concrètes à court terme.

Dans ce contexte tendu, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, se distingue par une approche structurée et multidimensionnelle. Lors de ses interventions, il a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée intégrant à la fois la gestion des déchets, la sécurité urbaine et les enjeux sociaux. « Nous ne pouvons pas traiter la crise actuelle de manière fragmentée. La problématique des déchets est intimement liée à des questions de sécurité et de conditions sociales. Notre réponse sera globale, durable et orientée vers des résultats visibles pour la population », a-t-il déclaré.

Le ministre a également annoncé le lancement imminent d’opérations de nettoyage ciblées dans plusieurs quartiers sensibles de la ville, notamment Champin, Petite-Anse et Vertières. « Des équipes techniques seront déployées dans les zones les plus affectées. Champin, Petite-Anse et Vertières bénéficieront en priorité de ces interventions, avec un dispositif renforcé pour garantir la salubrité et prévenir le retour rapide des déchets », a précisé M. Fils-Aimé.


Si la population capoise reste globalement sceptique face aux promesses gouvernementales, une frange non négligeable semble toutefois disposée à accorder un bénéfice du doute au ministre de l’Environnement, dont l'intervention tranche avec les approches jugées jusque-là trop ponctuelles. Cette ouverture prudente contraste avec la colère persistante qui s’exprime dans les rues, où les revendications demeurent fortes.

Parallèlement aux attentes en matière d’assainissement et de sécurité, les protestataires maintiennent leur exigence principale : la révocation sans condition du cartel municipal dirigé par Angeline Bell. Une revendication qui, pour l’heure, n’a pas reçu de réponse officielle claire, contribuant à entretenir le climat d’incertitude.

Dans une ville au bord de la rupture, l’initiative portée par le ministère de l’Environnement apparaît comme l’une des rares tentatives concrètes de reprise en main. Reste à savoir si ces annonces se traduiront rapidement en actions visibles, condition indispensable pour restaurer la confiance et amorcer un retour progressif au calme.

Hugues Michel 

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