Cap-Haïtien, 29 avril 2026 —
La crise urbaine franchit un nouveau seuil critique dans la deuxième ville du pays. À Cap-Haïtien, la grogne populaire se généralise, portée par une convergence rare de mécontentements : insalubrité chronique, voirie dégradée et absence perçue de leadership municipal. Presque tous les secteurs, commerçants, transporteurs, riverains, réclament désormais un changement radical à la tête de la Mairie, allant jusqu’à exiger la formation d’un nouveau cartel.
Ce mercredi, la tension est montée d’un cran, notamment dans la zone de Vertières, où des habitants ont investi les rues pour dénoncer une situation devenue, selon eux, « invivable ». Les pluies récentes ont agi comme un révélateur brutal des défaillances structurelles : des montagnes de déchets obstruent les canaux de drainage, provoquant des inondations localisées et transformant plusieurs axes routiers en véritables pièges boueux.
Le tronçon reliant Barrière Bouteille à Mombin Lataille est particulièrement affecté. La circulation y est quasi paralysée, entravée par les eaux stagnantes et les amas d’ordures. Piétons comme automobilistes se retrouvent confrontés à un quotidien chaotique, tandis que les risques sanitaires, prolifération de moustiques, maladies hydriques, inquiètent de plus en plus.
Face à ce qu’ils qualifient d’inaction prolongée, des riverains ont érigé des barricades sur plusieurs axes stratégiques, exigeant un nettoyage immédiat et des mesures concrètes. « Trop, c’est trop », scandent certains manifestants, qui ne se contentent plus de promesses. Leur revendication est désormais politique : la révocation pure et simple de l’actuel cartel municipal.
Au cœur des critiques, la gestion de l’administration dirigée par Angeline Bell est jugée défaillante. Si certains reconnaissent les défis structurels auxquels fait face la commune, beaucoup dénoncent un manque d’anticipation, de planification et de communication. Pour ces citoyens, la crise actuelle n’est pas seulement conjoncturelle ; elle révèle une gouvernance municipale en perte de contrôle.
Dans ce contexte explosif, la pression populaire pourrait précipiter une issue politique. Entre démission forcée et révocation administrative, l’avenir du cartel en place semble de plus en plus incertain. Une chose est sûre : à Cap-Haïtien, l’exaspération a atteint un point de rupture, et la rue impose désormais son tempo.
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