Carburant : le démenti du gouvernement ne convainc pas une population sous pression


Alors que le Ministère du Commerce et de l’Industrie assure qu’aucune pénurie de carburant n’est à signaler en Haïti, le durcissement des mesures contre la vente informelle et les rumeurs de hausse des prix alimentent la méfiance. Dans un contexte de crise économique aiguë, la population redoute une nouvelle flambée qui pourrait aggraver davantage ses conditions de vie.

Par StandardMania | Port-au-Prince, 29 mars 2026 –

Le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a affirmé, dans une note publiée le samedi 28 mars, qu’aucune pénurie de carburant n’est actuellement observée sur le marché national. Une déclaration qui se veut rassurante, mais qui peine à dissiper les doutes dans un climat socio-économique déjà marqué par une profonde fragilité.

Selon le MCI, les produits pétroliers seraient disponibles dans les stations-service agréées, leur distribution étant strictement encadrée par des circuits formels. Dans la même veine, les autorités annoncent un durcissement des mesures contre la commercialisation illégale, interdisant notamment la vente de carburant dans des contenants jugés non conformes, tels que les bidons. Une pratique pourtant largement répandue dans plusieurs zones du pays, où les circuits officiels peinent souvent à répondre à la demande réelle.

Cependant, derrière cette communication officielle, des voix critiques s’élèvent. Pour plusieurs observateurs, cette sortie du ministère pourrait masquer une stratégie anticipative face à une éventuelle hausse des prix du carburant. Une hypothèse qui alimente les inquiétudes, alors que le pays traverse une période de contraction du pouvoir d’achat et d’instabilité économique persistante.

Dans les rues, la méfiance domine. De nombreux citoyens redoutent une nouvelle augmentation des prix à la pompe, qui aurait des répercussions immédiates sur le coût de la vie, notamment sur le transport et les produits de première nécessité. « Nou pa kapab ankò », lâchent certains, exprimant une lassitude généralisée face à une situation jugée insoutenable.

La décision d’interdire la vente informelle, bien que justifiée par des impératifs de sécurité et de régulation, soulève également des interrogations. En l’absence d’une offre formelle suffisamment accessible sur tout le territoire, cette mesure risque d’accentuer les difficultés d’approvisionnement dans les zones marginalisées, où le marché parallèle constitue souvent la seule alternative.

Dans ce contexte, la population lance un appel pressant aux autorités : plutôt qu’une éventuelle hausse, elle réclame le maintien, voire le renforcement, des mécanismes de subvention du carburant. Une exigence qui met en lumière le fossé croissant entre les décisions institutionnelles et les réalités quotidiennes des citoyens.

Entre communication officielle et perception populaire, la question du carburant demeure un baromètre sensible de la gouvernance économique. Et si le gouvernement se veut rassurant, il lui reste encore à convaincre une population de plus en plus sceptique.

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