Washington, 7 janvier 2026 —
L’écrivain haïtien Joël Lorquet a été reçu en audience privée, ce mardi, par le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, au siège de l’institution à Washington. La rencontre, tenue à huis clos, a été l’occasion d’un échange approfondi sur la situation d’Haïti et les causes profondes de la crise multidimensionnelle qui paralyse le pays.
Les discussions ont porté sur le sous-développement chronique, la pauvreté persistante, l’insécurité, ainsi que sur les responsabilités partagées entre les autorités haïtiennes et la communauté internationale. M. Ramdin a rappelé le rôle historique majeur d’Haïti dans les luttes d’indépendance et de décolonisation, soulignant les liens anciens qui unissent le pays à l’OEA depuis 1948. Malgré la créativité, la résilience et le potentiel remarquable du peuple haïtien, il s’est interrogé sur les raisons profondes qui empêchent toujours la nation de trouver la voie du progrès, plus de deux siècles après son indépendance.
Le Secrétaire général a insisté sur trois piliers essentiels au développement : la mobilisation populaire pour créer de la richesse, une vision politique claire et un leadership fort, responsable et uni. Selon lui, l’aide internationale demeure un soutien ponctuel, mais ne peut remplacer la responsabilité première des acteurs haïtiens. La pauvreté, a-t-il expliqué, résulte surtout de la faible production nationale, du manque d’emplois durables et des carences du système éducatif et de la formation professionnelle.
Face à la crise actuelle, mêlant insécurité, urgences humanitaires, pauvreté et fragilité institutionnelle, Albert Ramdin appelle à une hiérarchisation stricte des priorités, en plaçant la sécurité au centre de toute stratégie. Il plaide pour une gouvernance dirigée par des Haïtiens, l’organisation d’élections crédibles et une implication réelle des élites nationales dans le relèvement du pays. Confiant mais lucide, il estime qu’avec unité, volonté politique et leadership cohérent, Haïti possède les ressources nécessaires pour se stabiliser et renouer avec le développement.
Pour sa part, le Dr Joël Lorquet a exprimé la lassitude profonde des Haïtiens, particulièrement ceux de la diaspora, face à l’effondrement continu des conditions de vie. Il a exhorté l’OEA à intensifier ses efforts pour mobiliser la communauté internationale en vue d’une sortie rapide de crise. « Les Haïtiens veulent un pays en paix, un pays vivable et développé. Ce qui se passe n’est pas normal en 2026 », a-t-il insisté.
En réponse, M. Ramdin a reconnu la frustration de la diaspora : « Il est frappant de constater que les Haïtiens réussissent à l’étranger, mais pas dans leur propre pays. Il faut s’attaquer à cette réalité. Moins de paroles, plus d’actes. Aidez comme vous le pouvez, même modestement. Les dirigeants doivent comprendre le potentiel immense de la diaspora. » Il appelle à une politique sérieuse d’engagement de celle-ci, tout en rappelant que la priorité absolue demeure l’amélioration de la sécurité.
L’écrivain Lorquet a conclu en soulignant la nécessité urgente d’un nouveau paradigme international vis-à-vis d’Haïti et d’un sursaut national. Selon lui, il n’est plus acceptable qu’un pays de la Caraïbe demeure dans un tel état au XXIᵉ siècle. Beaucoup d’Haïtiens rêvent de vivre chez eux, a-t-il rappelé, mais sont contraints de partir et d’affronter humiliations et précarité à l’étranger. « Il est temps qu’Haïti sorte durablement de la pauvreté et de l’instabilité qui l’empêchent d’avancer », a-t-il conclu.
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