Au Cap-Haïtien, les sinistrés du Clugny défient la mairie et réclament réparation


Cap-Haïtien, 5 mars 2026 – 

La tension ne faiblit pas dans la cité christophienne. Pour la quatrième fois depuis l’incendie dévastateur du marché Clugny, survenu le 24 janvier dernier, les commerçants sinistrés ont envahi les rues du Cap-Haïtien ce mercredi 4 mars afin de dénoncer l’inaction des autorités locales et de réclamer réparation.  

Armés de pancartes et de slogans, les manifestants ont exprimé leur refus catégorique du projet de transfert de leurs activités vers Nan Pon, à l’entrée est de la ville. Ils jugent ce site insalubre et impraticable. « Nou pa ka vann nan salte, nou bezwen mache a retounen kote li te ye a », a lancé une marchande en colère.  

Pour ces commerçants, le marché Clugny n’est pas seulement un espace de vente, mais le cœur de leur survie économique. « C’est là que je gagnais de quoi payer l’école de mes enfants. Aujourd’hui, je n’ai plus rien », confie une autre vendeuse, visiblement émue.  

Avant l’incendie, nombre de marchands avaient contracté des emprunts bancaires à des taux d’intérêt élevés pour développer leurs activités. Depuis le sinistre, ils se disent abandonnés. « La banque menace de saisir ma maison parce que je ne peux plus payer. Tout mon petit capital est parti en fumée », déplore un commerçant.  

Un autre ajoute : « Nous avons perdu nos marchandises, nos investissements, et personne ne nous aide. Les autorités nous regardent souffrir sans rien faire. »  

La mobilisation a également mis en lumière une coïncidence jugée troublante : la visite de la mairesse Angeline Bell le jour même de l’incendie. Plusieurs commerçants estiment que le sinistre n’est pas fortuit. « Magistra boule mache a pou li voye nou lòt bò pon », scandaient les manifestants, accusant la mairesse de vouloir déplacer le marché pour servir des intérêts particuliers.  

Certains dénoncent aussi une gestion opaque des fonds collectés auprès de la diaspora. « Angie Bell a ramassé de l’argent, mais elle l’a distribué à un petit groupe qui n’a même pas été victime du feu. Nous, les vrais sinistrés, nous n’avons rien reçu », accuse une marchande.  

Outre la mairesse, les protestataires ont critiqué le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils accusent de protéger les décisions de Mme Bell au détriment des citoyens. « Nou pa bezwen pawòl, nou bezwen aksyon. Si yo pa ka ede nou, yo dwe kite plas yo », a lancé un commerçant, appelant au départ des responsables.  

La marche s’est déroulée sous un dispositif sécuritaire renforcé, sans incident majeur. Mais le message des commerçants reste clair : ils exigent réparation, indemnisation et justice.  

« Nous ne voulons pas être déplacés, nous voulons que le marché soit reconstruit. C’est notre droit, c’est notre vie », conclut une vendeuse, déterminée à poursuivre la lutte.  

La Rédaction de StandardMania 
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